Chambre d'enfant à la nuit tombante, une petite silhouette au pied du lit tient un grand parapluie ouvert, décoré de châteaux et de jardins peints.

Ole Ferme-l'Œil : un conte danois pour s'endormir

Ce conte vient du Danemark, de la plume de Hans Christian Andersen, qui l'a publié en 1841. C'est l'histoire d'Ole Lukøje, le Ferme-l'Œil, qui passe dans les chambres à l'heure où l'on s'endort. Environ 6 minutes de lecture.

L'arrivée d'Ole

Quand le jour s'enfuit et que la maison devient calme, quand les ombres s'allongent sur les murs et que le monde, dehors, s'éteint doucement, arrive un petit personnage qu'on ne voit jamais vraiment bien. On l'appelle Ole, ou Ole Ferme-l'Œil. Les Danois disent Ole Lukøje. On le rapproche souvent du marchand de sable, mais ce n'est pas un sable qui pique les yeux qu'il apporte. C'est quelque chose de bien plus doux.

Ole ne fait aucun bruit. Ses chaussures ne font aucun son. Son vêtement semble changer de couleur avec la lumière : bleu, rose, doré, on ne sait jamais d'avance. Et il porte toujours avec lui deux petits parapluies.

Le premier est magnifique. Il est couvert d'images : des châteaux, des jardins, des histoires peintes sur la toile, si belles qu'on oublie la nuit, qu'on oublie tout sauf ce que l'on regarde. Ole l'ouvre au-dessus des enfants qui ont été sages, et aussitôt les rêves commencent, colorés, pleins d'aventures douces.

Le second est simple. Tout uni, sans le moindre dessin. Ole l'ouvre au-dessus de ceux qui ont fait les difficiles. Dessous, on dort, tout simplement, sans rêve et sans histoire.

La visite

Ole avance sur la pointe des pieds dans une maison endormie. Un enfant est couché, les yeux fermés, mais pas encore tout à fait parti. Ole s'approche, léger comme une poussière.

D'abord, il répand un peu de lait doux dans ses yeux, si peu qu'on ne le sent pas. Puis il souffle sur sa nuque, et la tête devient lourde sur l'oreiller.

« Bonsoir, chuchote Ole. Voyons ce que vous avez gardé de votre journée. »

L'enfant ne répond pas. Il écoute cette voix calme, et ses paupières descendent.

« Alors j'ouvre mon beau parapluie. Regardez. »

Ole déploie le parapluie au-dessus du lit. Soudain, l'enfant voit des châteaux de nuages. Un jardin où les fleurs s'ouvrent la nuit pour danser. Des bateaux qui glissent sur une mer de miel doré. Il voit toutes les belles choses que seul le sommeil sait montrer.

Et sans qu'il s'en aperçoive, ses yeux se ferment tout à fait. Il est parti, emporté par les images du parapluie.

Le matin qui vient

Quand le jour revient, Ole s'en va. Il replie ses parapluies avec soin et disparaît comme il est venu, sans qu'on sache quand. L'enfant se réveille, les yeux clairs. Il se souvient à peine du parapluie, mais très bien de ses rêves.

« J'ai rêvé, dit-il. J'ai rêvé quelque chose de très beau. »

Ole, lui, est déjà dans la maison d'à côté. Car il ne s'arrête jamais : il passe de maison en maison, de nuit en nuit, et il revient chaque soir, sur la pointe des pieds. Dans le conte d'Andersen, il rend ainsi visite au même garçon sept soirs de suite, un soir pour chaque jour de la semaine.

Certains disent qu'il passe encore aujourd'hui, sans qu'on le sache, et qu'il glisse un parapluie ouvert au-dessus de chaque lit. C'est peut-être vrai.

D'où vient ce conte

« Ole Lukøje » est un conte littéraire de Hans Christian Andersen, paru au Danemark le 20 décembre 1841 dans un recueil de contes pour enfants, selon Wikipédia. Le nom associe deux mots danois, « fermer » et « œil ». Chez Andersen, Ole rend visite au petit Hjalmar sept soirs de suite et lui montre des rêves avec son parapluie illustré, tandis que le parapluie uni donne un sommeil sans rêve. La traduction de Hersholt, sur le site de l'université du Danemark du Sud, ajoute le détail du lait doux versé dans les yeux. Dans ce texte, le frère d'Ole est la Mort, qui vient une seule fois. La version Soporifik laisse ce frère de côté et ne garde que la visite douce.

Pour prolonger le calme

Pour préparer la soirée, notre routine du soir pour bien dormir tient en quelques gestes simples. Pour une autre lecture calme, voici Le Baku. Et pour la dernière heure avant le lit, voici notre pyjama pilou torsadé, en polaire épaisse.

Questions fréquentes

Qui est Ole Lukøje ?

Ole Lukøje est un personnage de Hans Christian Andersen, dans un conte publié en 1841. Son nom associe les mots danois pour « fermer » et « œil », d'où « Ole Ferme-l'Œil ». Il passe le soir dans les chambres avec deux parapluies, et on le rapproche souvent du marchand de sable.

Que représentent les deux parapluies d'Ole ?

Chez Andersen, le parapluie orné d'images est ouvert au-dessus des enfants sages et leur offre de belles histoires toute la nuit. Le parapluie uni est pour les enfants désobéissants : ils dorment sans rêver. C'est une leçon de morale d'époque, que le conte d'aujourd'hui garde en simple décor.

Ole Lukøje revient-il chaque nuit ?

Dans le conte d'Andersen, Ole rend visite au même garçon pendant sept soirs, du lundi au dimanche, et lui montre une histoire différente chaque fois. C'est son frère, la Mort, qui ne vient qu'une fois. Le conte que vous venez de lire est plus court : il suit une seule visite.

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