Dans l'enquête 2025 de l'Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV), les Français déclarent mettre 31 minutes en moyenne à s'endormir en semaine, et 32 minutes le week-end. C'est une moyenne déclarée, pas une mesure : vous n'avez donc pas de retard à rattraper si vous mettez un quart d'heure ou une demi-heure.
Ce guide parle des adultes. Si vos difficultés durent, la dernière partie dit à quel moment en parler à votre médecin.
Combien de temps pour s'endormir en moyenne ?
Le chiffre de l'INSV vient d'un sondage réalisé auprès de personnes de 18 à 65 ans. Retenez trois choses.
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C'est une moyenne. Certaines personnes s'endorment plus vite, d'autres plus lentement, sans que ce soit un problème.
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C'est ce que les gens déclarent. Personne ne regarde l'horloge à la seconde où il s'endort. L'estimation est donc approximative.
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Elle bouge d'une année sur l'autre. Dans la même enquête, la moyenne était de 37 minutes en semaine en 2024. Il n'existe pas de « bon chiffre » qui ne bouge jamais.
Il y a aussi un effet de l'âge. Une méta-analyse publiée dans la revue Sleep en 2004, qui regroupe 65 études sur des personnes en bonne santé, observe que le délai d'endormissement augmente avec l'âge chez l'adulte. Les auteurs précisent que l'écart dépend beaucoup de la façon dont les participants ont été sélectionnés. Pour la suite, voir dormir moins en vieillissant.
Combien de temps faut-il pour s'endormir : y a-t-il un minimum ?
Non. Ni l'Inserm ni l'Assurance Maladie ne donnent, dans les pages que nous avons lues, un nombre de minutes à partir duquel on serait « trop long ». Ce qui compte pour eux, c'est la fréquence et la durée des difficultés, et leurs effets sur la journée.
S'endormir en une minute n'est pas non plus un objectif. Une personne qui tombe de sommeil à la seconde où elle se couche manque peut-être de sommeil. Si vous voulez comprendre pourquoi les promesses de vitesse sont fausses, lisez comment s'endormir rapidement.
Insomnie d'endormissement : de quoi parle-t-on ?
L'Assurance Maladie range l'insomnie sous trois formes : des difficultés d'endormissement, des réveils nocturnes ou un réveil trop précoce. L'insomnie d'endormissement est la première : on se couche, on a sommeil, et le sommeil ne vient pas.
Une mauvaise nuit ne fait pas une insomnie. L'Assurance Maladie le dit clairement : l'insomnie peut être ponctuelle et occasionnelle, souvent liée à un événement stressant. Elle parle d'insomnie chronique lorsque les troubles se produisent plus de trois fois par semaine depuis plus de trois mois. L'Inserm donne la même définition.
Ces pages ne posent pas de diagnostic à votre place, et ce guide non plus. Elles décrivent des repères.
Insomnie d'endormissement, que faire ?
D'abord, rester sur ce qui dépend de la chambre et des habitudes. Ensuite, savoir quand passer la main.
Ne pas surveiller l'heure
C'est le piège le plus courant. Quand on tourne dans son lit, on regarde l'heure, on calcule combien il reste, et la tension monte. L'Assurance Maladie conseille d'éviter de regarder un écran lumineux et de regarder régulièrement l'heure. Retournez le réveil, ou posez-le hors de portée de vue.
Se lever si le sommeil ne vient pas
Le même conseil de l'Assurance Maladie : si vous ne vous rendormez pas, vous lever et faire quelque chose qui vous détend, comme lire ou écouter de la musique, dans une atmosphère apaisante et tamisée. Puis vous recoucher dès que l'envie de dormir revient.
Enlever ce qui retarde l'endormissement
L'INSV cite parmi les facteurs de la chambre la lumière et les écrans : un environnement trop lumineux et les écrans envoient au cerveau le message « il fait encore jour », avec pour résultat, entre autres, un endormissement plus long. Le même carnet range le bruit parmi les facteurs qui perturbent le sommeil. Concrètement :
| Ce qui gêne |
Ce qu'on peut faire |
| Lumière de la rue, voyants de la box |
Rideaux épais, voyants masqués, ou un masque de sommeil |
| Bruit régulier ou ponctuel |
Fermer la fenêtre, isoler, puis essayer des bouchons |
| Écran dans la dernière heure |
Le poser plus tôt, et lire la suite dans le guide sur les écrans
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Ces gestes n'agissent pas sur votre sommeil. Ils enlèvent des obstacles autour de lui, et rien de plus. Pour voir l'ensemble, lisez notre routine du soir pour bien dormir et les techniques pour s'endormir.
Quand en parler à votre médecin
Parlez-en à votre médecin traitant dans ces cas.
- Les difficultés d'endormissement reviennent plus de trois fois par semaine depuis plus de trois mois.
- Votre sommeil reste mauvais malgré de bonnes habitudes. L'Assurance Maladie invite à en parler au médecin traitant si c'est le cas depuis plusieurs semaines.
- Vous êtes fatigué, irritable ou somnolent dans la journée. L'Inserm cite irritabilité, difficultés de concentration, fatigue et somnolence diurne parmi les conséquences de l'insomnie.
Le médecin cherche d'abord ce qui entretient les difficultés. L'Inserm indique que, pour l'insomnie chronique, les thérapies cognitivo-comportementales doivent être privilégiées. Ce n'est pas un programme à improviser seul : c'est ce qu'un professionnel de santé vous propose.
Pour comprendre d'où viennent les insomnies, voir insomnie : les causes.
Pour finir
Vous ne contrôlez pas l'instant où le sommeil arrive. Vous pouvez enlever ce qui le retarde : la lumière, le bruit, les écrans. Découvrez tout le rituel Soporifik pour préparer la chambre.
Sources
- Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV), dossier de presse de la 25e Journée du sommeil, enquête INSV / OpinionWay, 2025 : https://institut-sommeil-vigilance.org/wp-content/uploads/2020/02/DP-INSV-JS-2025.pdf
- INSV, carnet n° 2 « Sommeil, chambre et environnement », 2026 : https://institut-sommeil-vigilance.org/wp-content/uploads/2026/02/carnet-2_sommeil-chambre-et-environnement-cp.pdf
- Inserm, dossier « Insomnie » : https://www.inserm.fr/dossier/insomnie/
- Assurance Maladie (Ameli), « Insomnie de l'adulte : définition, facteurs favorisants et conséquences » : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/insomnie-adulte/definition-facteurs-favorisants
- Assurance Maladie (Ameli), « Comment mieux dormir à l'âge adulte ? » : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/insomnie-adulte/vivre-insomnie
- Assurance Maladie (Ameli), « Insomnie de l'adulte : consultation et bilan médical » : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/insomnie-adulte/diagnostic-evolution
- Ohayon M. M., Carskadon M. A., Guilleminault C., Vitiello M. V., « Meta-analysis of quantitative sleep parameters from childhood to old age in healthy individuals », Sleep, 2004 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15586779/