Au crépuscule, sur une crête hawaïenne, une silhouette tient des cordes de fibre tendues vers un grand soleil orangé posé sur la mer de nuages.

Māui ralentit le soleil : un conte hawaïen pour s'endormir

Ce conte vient d'Hawaï. Māui y est un demi-dieu, malicieux et généreux, que l'on retrouve aussi dans d'autres îles du Pacifique. Nous suivons ici la version hawaïenne, celle de Haleakalā. Environ 5 minutes de lecture.

Dans les temps anciens, quand les îles émergeaient à peine de la mer, vivait un être extraordinaire appelé Māui. Ce n'était ni un homme ordinaire ni un dieu entier, mais quelque chose entre les deux : un demi-dieu au cœur généreux et à l'esprit vif.

Māui vivait avec sa mère, Hina. Elle était une tisseuse remarquable. Elle faisait le kapa, un tissu d'écorce que l'on battait longuement, et qu'il fallait ensuite étendre au soleil pour le sécher.

Mais Hina avait un souci. Le soleil, Ka Lā, courait si vite à travers le ciel que le jour était fini avant que le kapa soit sec. Elle devait l'étendre, le rentrer, l'étendre encore, jour après jour.

Hina en parlait à Māui. Elle disait : si seulement le soleil allait plus lentement, nous aurions plus de temps. Pour travailler, pour manger, pour vivre.

Māui l'écoutait. Dans son cœur, il pensa : c'est un souhait simple. Je peux faire quelque chose.

Il gravit la haute montagne, au sommet de laquelle le soleil se levait. On l'appelle Haleakalā. Il y rassembla des fibres de coco, dont il fit des cordes épaisses et solides. Il les disposa en lacets, tout au sommet, sur le chemin du soleil.

À l'aube, Māui se cacha dans l'ombre des rochers. Il attendit.

Le soleil monta, comme chaque jour, brûlant et pressé. Il voulait parcourir son chemin d'une traite. Mais les cordes se refermèrent une à une sur ses rayons, et le retinrent.

Le soleil se débattit. Il était puissant. Māui s'approcha.

« Chaque jour, ma mère travaille son kapa, dit Māui, et vous ne ralentissez jamais assez pour qu'il sèche. »

Le soleil gronda. Mais il sentit quelque chose en Māui : pas de la méchanceté, de la tendresse pour une mère.

Alors, ils parlèrent, longtemps. Et ils trouvèrent un accord. Pendant la moitié de l'année, le soleil irait lentement, pour que les gens cultivent, pêchent et que Hina fasse sécher son kapa. L'autre moitié de l'année, il reprendrait sa course plus vive. On dit que c'est ainsi que viennent les deux saisons d'Hawaï.

Les cordes se desserrèrent. Le soleil reprit sa route, plus lentement. Le matin eut le temps de se déployer. Le midi dura. Et le soir arrivait comme quelqu'un qui n'a pas envie de partir.

Le crépuscule, qui n'était qu'un éclair avant, devint un long moment de beauté. Les oranges pâles du soir. Les roses qui montaient du ciel. Les violets qui descendaient lentement. Le temps de regarder l'horizon. Le temps, pour une mère, de finir son kapa avant la nuit.

Māui revint voir Hina. Elle sourit. Elle avait du temps pour son travail, et aussi pour regarder le soleil se coucher.

Et sur les îles, on se souvint que c'était un demi-dieu nommé Māui qui avait ralenti le soleil, par amour pour sa mère. À chaque coucher de soleil, on dit un merci tranquille.

D'où vient ce conte

Māui est une figure de nombreuses traditions polynésiennes. Selon Wikipédia, les récits diffèrent : dans la tradition māorie, Māui et ses frères prennent le soleil au piège avec des cordes et la mâchoire magique de Muri-ranga-whenua, et le frappent jusqu'à ce qu'il aille plus lentement. Dans la tradition hawaïenne, il tend des lacets pour régler la course du soleil. Cette version suit l'Hawaï de Haleakalā : d'après un site de voyage hawaïen, Hina fait du kapa, Māui tend des cordes de fibre de coco au sommet de Haleakalā, et un accord avec Ka Lā fixe la moitié de l'année de jours lents. Soporifik laisse de côté les coups portés au soleil et garde la patience de Māui.

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Pourquoi Māui ralentit-il le soleil ?

Pour aider sa mère, Hina. Dans la version hawaïenne, elle fait du kapa, un tissu d'écorce, et le soleil va trop vite pour qu'il sèche. Māui obtient donc qu'il ralentisse.

Māui est-il un dieu ou un homme ?

Un demi-dieu, dans le conte : ni tout à fait un homme, ni tout à fait un dieu. On le retrouve dans plusieurs îles du Pacifique, avec des récits qui changent selon les peuples.

Les versions hawaïenne et māorie sont-elles les mêmes ?

Non. Selon Wikipédia, les Māori racontent un affrontement à plusieurs avec cordes et mâchoire magique. À Hawaï, Māui agit seul avec des lacets et des cordes, et obtient un accord avec le soleil. Ce conte suit la version hawaïenne.

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